Le Conseil Éco-habitat est animé par Christophe Conreur,
conseiller municipal. Il a tenu sa première permanence le
10 janvier 2009 en présence de Jean-Claude Beauvent,
adjoint au développement durable, et Philippe Ballesio,
conseiller municipal délégué en charge des économies
d’énergie et des projets liés à l’isolation des bâtiments.
Limours magazine fait avec Christophe Conreur un bilan d’étape sur cette action de proximité.
Limours Magazine : Qu’est ce que le conseil Éco-habitat ?
Christophe Conreur : Le conseil éco-habitat est une initiative
bénévole qui permet de recevoir les Limouriens à la
recherche de solutions pour réduire la consommation de
fluide (électricité, eau, gaz, fuel, …) de leur habitation.
Ces solutions doivent permettre une réduction significative
de la signature et de la facture énergétique de leur habitat.
LM : Qu’est-ce qui a motivé la création de ce conseil
Éco-habitat ?
CC : Le Conseil Éco-habitat a été pensé en 2008 et fait partie
des engagements de la municipalité.
J’ai moi-même eu l’occasion de me trouver devant toutes ces
questions pour réduire la facture énergétique de mon habitation.
C’est à cette époque que les problèmes climatiques et
les énergies renouvelables ont été plus largement médiatisés.
Je me suis tourné vers la recherche de solutions passant
par la rencontre de professionnels et la consultation de bases
documentaires (internet, presse, …).
Après plus d’un an de démarches infructueuses, j’ai rencontré
un artisan passionné par les énergies renouvelables
qui faisait du conseil et non de la vente.
Après tant d’insuccès, cette rencontre et cette abnégation
m’ont donné l’idée de proposer la création d’une cellule d’information
technique, devenue Conseil Éco-habitat. C’est un
retour d’expérience concret mis à disposition des Limouriens.
LM : Quels sont les domaines d’intervention du conseil ?
CC : Les domaines sont divers. Je renseigne principalement
sur :
• l’isolation thermique et acoustique : présentation des
matériaux (laine, isolants minces, vitrage), de leurs propriétés
(décryptage des coefficients), de leurs avantages et inconvénients,
de leur coût,
• la construction : conseil sur les solutions à mettre en
oeuvre pour faire des économies d’énergies – VMC (Ventilation
Mécanique Controlée) simple ou double flux, CESI
(Chauffe-Eau Solaire Individuel), domotique,
• le chauffage : conseil sur les différents moyens existant
actuellement..
• l’électricité photovoltaïque : si j’adhère totalement au
principe de ce moyen de production, je suis dépité de voir
que les gens sont plus à la recherche de rente et de revenus
supplémentaires que dans une démarche de modération.
Pour exemple, la dérive spéculative de 2009, qui a conduit
l’État à prendre des mesures draconiennes pour la réduire.
• la gestion de l’eau : récupération des eaux de pluie et
alimentation de la maison, assainissement.
LM : Pourriez-vous nous rappeler le fonctionnement du Conseil Éco-habitat ?
CC : Le conseil fonctionne sous forme de permanences.
Vous trouverez dans chaque Limours Magazine l’encart suivant :
Pour me contacter, il existe aussi la possibilité d’obtenir un
rendez-vous en s’adressant à l’accueil de la mairie. Dans tous
les cas, je recontacte les personnes pour convenir d’un
rendez-vous et demander le but de notre rencontre afin de la
préparer au mieux.
LM Si je prends un exemple : changer la chaudière. Quels conseils donnez-vous ?
CC : C’est un domaine qui exige une expertise professionnelle
que je ne suis pas en mesure de donner. Avant tout, je vais leur
parler d’isolation, car à quoi bon avoir une chaudière très performante,
si l’habitation est une véritable passoire énergétique.
Aujourd’hui, la consommation d’énergie pour le chauffage
représente environ 65% de la consommation totale des
ménages (en 2006, le coût moyen pour le chauffage était de
590 €/hab/an). L’eau chaude sanitaire représente quant à elle,
12%. Avec une meilleure isolation, ces taux seraient moindres.
LM : Que peut apporter le Conseil Éco-habitat de Limours ?
CC : Les conseils que je fournis se trouvent également sur
Internet ou dans les espaces Info-Énergie. Si je reprends
l’exemple des matériaux isolants, n’ayant pas de parti pris, je
balaye toute la gamme de matériaux, des plus vertueux sur un
plan environnemental (laines issues de produits naturels) au
moins vertueux car issus d’énergie fossile (Polystyrène PS et
Polyuréthane PU), en n’oubliant pas de parler des coûts mais
aussi des performances thermiques et/ou acoustiques.
Les espaces Info-Energie sont sans doute plus compétents
que moi, mais encore faut-il pouvoir s’y rendre pendant leurs
heures d’ouverture, et le plus proche étant à Magny-les-
Hameaux, il faut nécessairement un véhicule pour s’y rendre.
Avoir un conseil similaire à proximité de chez soi, est la
première source d’économie en temps, sans parler du gain
énergétique.
LM : Que pouvez-vous dire concernant les aides financières ?
CC : C’est un vaste sujet qui est en perpétuelle mutation,
surtout depuis le début de la crise financière, et la tendance
serait plutôt à la diminution.
Il y a plusieurs sources d’aides financières : les subventions
régionales, celles des associations, le crédit d’impôt, les prêts
bonifiés dont le prêt à taux zéro (PTZ).
Chacune de ces aides pourra faire l’objet d’un article dans
un prochain Limours Magazine, tant les modalités et les
contraintes sont importantes.
LM : A ce jour, disposez-vous de statistiques ?
_ CC : Statistique serait un bien grand mot, une moyenne
s’établit autour de 20 rendez-vous par an.
Il est intéressant de noter que l’ADEME renvoie les Limouriens
qui la contactent vers nous et que des familles sont venues me
voir plusieurs fois.
LM : Souhaitez-vous ajouter quelque chose à cet entretien ?
CC : Je voudrais revenir un instant sur la partie éco du terme
d’éco-habitat. Éco est un terme dont la signification est plus
« conseil sur les économies dans l’amélioration de l’habitat »
que « écologie de l’habitat ». Bien souvent, une approche uniquement
écologique est génératrice d’un surcoût non négligeable,
surtout dans la rénovation du bâti, et le retour sur
investissement sera plus long que dans une autre solution.
Dans le neuf, l’impact financier est moindre que dans la rénovation.
Or les gens qui viennent me voir sont plus souvent dans
des démarches de rénovation que de construction.
Si on arrive à réunir économie et écologie, la première bénéficiaire
en sera la planète, et moi, j’en serai le premier heureux.
| En savoir plus : http://www.photovoltaique.info http://www.infoenergie.org |