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L’éco-jardinier

Un intervenant communal l’"éco-jardinier"
Afin de poursuivre son engagement dans l’Agenda 21 départemental, la commune a mis en place un partenariat pour faire découvrir le développement naturel saisonnier des plantes potagères et d’ornement, aux enfants des écoles et de l’accueil de loisirs.

Un "éco-jardinier" employé par la commune est chargé d’animer cette nouvelle activité et d’entretenir un espace dédié dans chaque structure.

Limours Magazine (LM) a interviewé les professeurs des écoles, les animatrices du centre de loisirs(CL) et Alain Collin(AC) responsable du fleurissement et éco-jardinier.

LM : AC, pouvez vous nous parler du concept éducatif de l’éco-jardinier ?

AC : j’ai recherché une présentation pédagogique avec l’enfant. J’ai mis la terre au niveau des enfants, pour qu’ils puissent travailler debout et être le plus près possible de ce qu’il se passe. J’utilise donc dans les écoles des bacs d’1m² cultivable : fleurs, plantes aromatiques, légumes.
Pour le centre de loisirs qui dispose d’un espace plus important, dans le même esprit pédagogique, j’ai mis en place un potager rehaussé. Un autre espace est dédié aux fleurs. Avez-vous vu les arbres à fraises ?

LM : A quel rythme intervenez-vous ?

AC : j’interviens le mercredi au centre de loisirs avec Isabelle Da Costa et Carole Vacher et en moyenne tous les 15 jours dans les écoles : aux Cendrières, en maternelle petite et moyenne sections, avec Nathalie Taine et Axelle Schiavi, à Herriot en maternelle avec Cécile Sénator, Carole Lemoine, Véronique Boudault et en CE1 avec Jérome André.

LM a rencontré Nathalie Taine en présence d’Alain Collin. Pouvez-vous nous parler de l’action partenariale avec la commune ?

NT c’est un projet pédagogique approuvé par l’inspection académique qui s’intègre dans un programme plus important sur l’éducation à l’environnement. Des enseignants motivés ont toujours entretenu un petit jardin, mais pour des raisons de sécurité les enfants n’y avaient aucun accès. Et, cultiver, c’est un métier !
Le programme mentionne d’observer la réaction des enfants au travers des compétences, appréhender le cycle de vie, développer les 5 sens, s’approprier le langage du jardinage à travers les saisons etc…
L’intervention de l’éco-jardinier se déroulant par petit groupe, il est possible d’observer le vivre ensemble : chacun son tour, travailler à 2 ou 3 dans un pot, s’organiser…

AC : tout est une chaîne d’événements :
on mélange la terre et le sable, distribue les pots, choisis les graines,les compte, on partage la réalisation. On travaille sur la biodiversité.

NT : pour conclure, je remercie la commune qui a tout mis en œuvre et financé le projet. On est dans l’observation. Les enfants ont aimé travailler avec Alain Collin et je souhaite poursuivre cette belle aventure.

LM a rencontré la directrice de l’Accueil de loisirs Isabelle Da Costa et son adjointe Carole Vacher, en présence d’Alain Collin.
LM : la municipalité a missionné un éco-jardinier, comment vous êtes-vous organisé ?

IDC : le projet pédagogique de l’Accueil de loisirs prévoit la découverte et protection de l’environnement, le jardinage en fait partie. Le partenariat avec Alain, notre collègue, nous a enthousiasmé.
Nous instaurons une continuité dans ce projet : les enfants par groupe de 6 participent aux ateliers de semis et de plantations. Différentes variétés de légumes, des herbes aromatiques agrémentent le potager ainsi que deux arbres à fraises. Le potager est lieu de découverte et d’apprentissage pour les enfants. Dès le mois de juillet nous pourrons déguster : fraises, radis, salades, pommes de terre et carottes sur le repas du midi. Lors de la pause-déjeuner les épluchures sont récupérées et compostées, on poursuit l’apprentissage avec le tri, le recyclage.

CV : en accord avec notre projet le monde du vivant dès l’âge de 3 ans, on apprend aussi à différencier les insectes ou autres nuisibles, de ceux qui ne le sont pas (ex : ver de terre et ver blanc).

IDC : en conclusion, nous souhaitons prolonger cette expérience riche pour nous tous. Les enfants s’impliquent dans le jardinage et découvrent les légumes autrement que dans leur assiette.
Le projet est d’agrandir l’espace cultivé en passant de 16 à 32 m2 et de créer un mini-verger.

AC : j’applique la même méthode de travail auprès des enfants des écoles et du centre de loisirs. Ici les enfants sont volontaires, disposent d’une journée et d’une année entière. On prend le temps et la place. L’esprit est ludique et convivial. Le travail « Ecoles–Centre » s’emboîte :
des semis sont faits ici et partagés avec les écoles.

L’interview se poursuit à l’école maternelle Herriot* avec Carole Lemoine et Cécile Sénator,
LM : quelle est la nature du projet mis en place ?

CL : le programme porte sur l’éveil au vivant (animaux et végétaux) que nous réalisons par l’observation de la nature lors de sorties ou de plantes apportées en classe. Nous avons trouvé formidable qu’un éco-jardinier vienne proposer son expérience. Il intervient en demi–journée avec des groupes de 6 enfants.

CS : on privilégie l’échange, le langage, on travaille sur la motricité fine. Le projet est très intéressant car Alain Collin a su, par son savoir, mettre le jardinage à la portée des petits.

AC : sur ce site 4 bacs fleurs d’1m² sont posés, la surface du potager est de 4m². J’apprends aux enfants l’alignement, l’ordre, l’esthétique. Le travail de la terre nécessite de la rigueur.

CL et CS : pour conclure, nous souhaitons faire évoluer, l’organisa- tion par des séances de 40 mn une semaine sur 2, avec l’intervenant.

LM rencontre Jérôme, classe de CE1.
LM : comment avez-vous intégré
l’intervention d’Alain Collin dans votre
programme ?

JA : tout simplement dans les sciences naturelles. L’intervention est théorique et nous essayons de faire le plus possible du pratique avec soit des illustrations, soit des fleurs, fruits et graines. Six séances ont eu lieu sur le thème de la fleur à la graine, cycle de la vie.
En conclusion, la présence d’un intervenant est très enrichissante pour tous.
Je propose que l’intervention se poursuive en CE2, au moins.

LM : AC dans le cadre du Développement Durable qu’enseignez-vous aux enfants ?

AC : j’enseigne ce que j’applique dans les espaces verts de la commune. J’ai opté pour des contenants en tourbe, ou en plastique mais recyclables. Je leur dévoile des astuces telles que planter une « tagette », petite plante florale entre les plants de tomates afin d’éloigner les insectes nuisibles et éviter les pesticides.
J’ai mis en place des récupérateurs d’eau pour l’arrosage et démontrer l’utilité du paillage avec l’écorce de fève de cacao ou de noix de coco. Chaque établissement dispose d’un composteur. Que ce soit en maternelle ou en élémentaire, j’ai fait des recherches sur l’évolution de
l’enfant. J’ai proposé des documents adaptés au mieux à leur compréhension. J’ai aimé transmettre mon savoir aux enfants, enseignants et animatrices. Je suis là pour leur faire découvrir la
nature et surtout la respecter.
C’est mon métier !