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La route d’Arpajon

Après la métamorphose des friches industrielles en entrée de ville par l’est, cette décennie a vu s’achever les aménagements et équipements de ce quartier, avec des cheminements cyclistes et piétonniers. L’entrée de Limours fait alors office de galerie d’architecture contemporaine notamment avec le Lycée, la Scène et le Studio.

Le "quartier est" concentre une très grande majorité des équipements publics, sur tout ce secteur qui gravite autour de la route d’Arpajon.

Le Lycée Jules Vernes :

Souvent comparé à un navire, c’est plutôt le résultat naturel des lignes produites par le site. C’est ainsi que l’architecte du cabinet d’Alain Sarfati, Ovidiu Milea, a vécu la génèse du projet.

La dynamique provient du fond du vallon et arrive sur l’avenue pour produire son effet d’annonce spectaculaire.

L’intérieur reste ouvert par les cages d’escalier et les petits jardins intérieurs, et la logique perpendiculaire à la vallée et la route se retrouve dans les flux intérieurs.

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Le Studio :

L’usine de la SEPCO, ou ce qu’il en restait, était devenu le théâtre libre pour les jeunes musiciens amateurs qui l’avaient fait leur. Cette inspiration fondatrice du projet a guidé la municipalité vers les architectes Franic & Garcin, déjà bien expérimentés dans l’exercice de transformation de bâtiment avec conservation de l’esprit des lieux.

L’œuvre a des lignes là encore dynamiques et accueillantes : l’adjonction en lame effilée sur la droite forme avec le corps de l’usine un parvis évasé qui attire vers l’accueil.

A l’intérieur, la distribution des salles se fait autour d’un volume qui rappelle la hauteur du bâtiment, et qui se termine (ou commence) par une cafétéria ouverte, le tout dans une esthétique spécifique raffinée.

La Scène :

Troisième et dernier volet du Contrat Régional de 2001 (après la piste d’athlétisme et le Studio précité), elle est aussi le troisième acte architectural contemporain sur l’entrée est de Limours.

A la différence de l’ambition "hyper-dynamique" de ses deux voisins, La Scène est sobre.
L’architecte Deshoullières compose un assemblage de plusieurs volumes imbriqués dont l’ensemble apparaît relativement statique. Plutôt que des couleurs, ce sont des teintes et les matériaux qui animent le jeu des volumes.

Un certain dynamisme cependant naît de ce profil asymétrique et fort de nombreuses marques horizontales, comme s’il accompagnait la route au lieu de surgir de face comme ses deux voisins.

C’est en venant du centre-ville que l’on appréciera le mieux le couple Studio/Scène. La palette de leurs teintes (pimentée de notes rouges) et la forme de leurs toits, qu’on dirait tracés du même trait de crayon, les marient visuellement.

La maison du Tennis Club de Limours :

Dans l’enceinte du Parc des Sports, on pourra s’attacher aux allures vosgiennes de ce bâtiment simple, perché dans les pins au-dessus des cours. Le bois est dominant. L’entrée se fait par une terrasse couverte à l’ambiance de chalet. Celle-ci ouvre sur une vaste salle ajourée de toute part.

La gendarmerie :

Située à l’autre entrée de ville est de Limours, au pied de la colline, cet ensemble signé Badia & Berger manifeste ses efforts d’adaptation formelle au site.

L’ensemble des logements : Pour éviter l’effet de bloc de l’ancienne gendarmerie, il est composé d’éléments de relativement petite taille, ce qui s’harmonise avec une ville essentiellement pavillonnaire. Il alterne matériaux et couleurs de façon simple et suffisante pour encore atténuer l’impact des façades de deux étages. Enfin, le bâti encadre un espace vert central qui les tient en recul des voiries, ce qui épargne au site un mode d’aménagement trop urbain que serait la façade sur rue.

Le bâtiment public : C’est celui placé à la pointe de la parcelle en proximité immédiate de la route d’entrée de ville. C’est juste un rez-de-chaussée dont la platitude longiligne est encore affinée par le léger talus : ainsi, seules les fenêtres des bureaux émergent du sol. Les tonalités et matériaux, sombres et doux, recherchent l’esthétique et minimisent l’impact. L’horizontalité est la réponse attentive de l’architecte à une double demande, émanant de Limouriens :

  • ne pas créer un choc volumique en entrée de ville, surtout face au bois
  • dans une logique paysagère à plus grande échelle, cet aplatissement a permis de préserver la silhouette du clocher vue depuis la descente de Roussigny, vue qui se retrouve à partir du rond-point jusqu’à la mare des Concessions. C’est là le respect d’un fondement quasi-millénaire de nos paysages qui consiste à donner une incarnation visuelle, fédératrice et omniprésente, à la communauté du village et de ses hameaux.

La Maison des Associations Sociales :

Le Carrefour des Solidarités a quitté son ancienne forge (1 route d’Arpajon) pour ce bâtiment neuf. Celui-ci suggère que la modestie n’empêche pas le goût des recherches formelles actuelles où l’on fait apparaître des volumes distincts pour matérialiser des fonctions de l’immeuble. Ici, l’entrée qui se manifeste en oblique et coloris rouge suffit pour signifier que la maison cherche à accueillir d’une façon qui ne soit pas indifférente.

Le Collège :

La construction de son nouveau bâtiment d’accueil date de la première moitié de cette décennie. L’élément très dominant est une énorme visière métallique marron surplombant tout, ressemblant à une vague déferlante de rouille. Malgré sa lourdeur, le résultat échappe à la brutalité, grâce à la composition de l’architecture faite de volumes de matériaux et de couleurs distincts. A l’approche, l’effet d’accueil se produit par un auvent blanc, qui ressort au sein du cadre général de couleur marron foncé. Il porte solennellement le nom de l’établissement et la devise nationale.
La façade orthonormée s’oublie vite à l’intérieur, où dans le vaste volume du hall l’escalier aux lignes libres emmène le regard vers les étages.