Ce second article traite spécifiquement du crédit d’impôt, aide financière la plus connue. Il présente les conditions à remplir pour pouvoir y prétendre et les différents taux applicables en fonction des travaux.
L’Etat a mis en place en 2005,
le crédit d’impôt « développement
durable ». Cette disposition
fiscale, qui prendra fin en 2012, permet
de déduire directement du montant de
l’impôt sur le revenu, une partie des
dépenses faites pour des travaux
d’amélioration énergétique portant sur
une résidence principale. Elle est ouverte
à tous les particuliers domiciliés fiscalement
en France, qu’ils soient imposables
ou non.
Pour prétendre au crédit d’impôt,
les trois conditions suivantes doivent
être respectées :
_ 1. Outre votre domiciliation fiscale,
vous devez être locataire ou propriétaire
occupant ou bailleur ou occupant à titre
gratuit,
_ 2. Votre logement doit être votre résidence
principale si vous êtes occupant,
qu’il s’agisse d’une maison individuelle ou
un appartement. Dans le cas d’un bail,
la maison doit avoir plus de 2 ans,
et être louée nue pendant au moins 5 ans.
3. Les travaux doivent remplir deux
conditions impératives :
• La première est que les matériels
ou matériaux éligibles soient fournis
et posés par la même société.
• La seconde a trait à la facture qui
devra faire ressortir, de façon explicite,
la part « fourniture des matériels,
TVA comprise ». En effet, à l’exception
près de l’isolation des parois opaques
où la main d’oeuvre est prise en charge
(à concurrence de 150€/m² en isolation
extérieure et 100€/m² en isolation
intérieure), seuls les matériels sont
éligibles au crédit d’impôt.
Le crédit d’impôt est plafonné à
8 000 € de dépenses par contribuable
(porté à 16 000 € pour un couple soumis
à une imposition commune).
Toute personne à charge majore le
montant de 400 €. Pour un bailleur,
le plafond est de 8 000 € par logement,
dans la limite de 3 logements par an.
Le montant des dépenses s’apprécie sur
une période de 5 ans consécutifs et non
par année.
Le crédit d’impôt se calcule sur le
montant TTC des dépenses éligibles,
déduction faite des autres aides et
subventions. En effet, la disposition
fiscale est cumulable avec d’autres
subventions ou aides (Anah, collectivité
territoriale,..) et peut permettre de
bénéficier du taux de TVA réduit à 5,5%
aux réserves d’éligibilité près. A noter
qu’il n’est plus possible de cumuler le
crédit d’impôt avec le Prêt à Taux Zéro
(PTZ) depuis le 1er janvier 2011.
Le calcul du crédit d’impôt ne s’applique
pas au même taux, selon la nature des
travaux. Le tableau ci-dessous vous
présente les taux en vigueur pour 2011.

Pour bénéficier du crédit d’impôt,
les montants TTC des travaux réalisés
seront déclarés l’année suivante lors de
la déclaration des impôts sur le revenu.
Dans le cas où le montant du crédit
d’impôt dépasse celui de l’impôt,
l’excédent est remboursé aux ménages.
Si le contribuable n’est pas imposable,
la totalité du crédit d’impôt est restituée.
Selon que la déclaration des revenus se
fasse par Internet ou par voie classique,
la conduite à tenir n’est pas la même.
Dans le cas de la voie classique,
le particulier devra envoyer aux services
fiscaux la totalité des justificatifs des
travaux, tandis que dans le cas d’une
déclaration sur Internet, il devra
conserver et tenir à disposition des
services fiscaux lesdits justificatifs.
Si le particulier est tenu de fournir les
justificatifs aux services fiscaux et que
ceux-ci sont incorrects, il risque de
devoir rembourser la totalité du crédit
d’impôt. Il faudra donc porter une
attention toute particulière à la bonne
rédaction de la facture, en particulier la
mise en évidence des fournitures.
Pour être complet sur le crédit d’impôt,
il faut parler des caractéristiques et des
performances des matériaux éligibles
pour cette disposition fiscale. Ce sera l’objet d’un projet d’un prochain article.