Novembre

Une aberration environnementale et une catastrophe humaine

À l’heure où nous nous posons la question des conditions énergétiques dans lesquelles nous allons passer l’hiver, où les messages d’anti-gaspillage oubliés depuis 40 ans refont surface, où notre Président nous explique que « l’abondance c’est fini », où les économies d’énergie deviennent un enjeu ultra-prioritaire, où même le service public télévisuel met en place un indicateur d’alerte pour que nous gérions au plus près notre consommation journalière d’électricité, une aberration environnementale est en train de s’organiser: une extravagante coupe du monde de football au Qatar avec des stades climatisés. Plusieurs grandes villes ont annoncé qu’elles n’installeraient pas d’écran géant pour retransmettre la compétition. Et le mouvement n’est pas terminé.

À Limours, souvent ces dernières années, lors des compétitions internationales où, en particulier, une équipe de France est engagée, la municipalité organise des retransmissions sur écran
géant (à la Grange ou à la Scène), plus particulièrement pour les derniers matches de ces compétitions (demi-finale, finale) ce que beaucoup de Limouriens, à juste titre, apprécient. Mais
dans le cadre de cette Coupe du Monde 2022, nous demandons solennellement que la Municipalité n’organise pas ce type de retransmission : le boycott public s’impose !

Il ne s’agit pas de condamner la coupe du monde de football en soi qui correspond à un engouement compétitif suivi, avec plaisir et enthousiasme, par un grand nombre de citoyens. Mais
il est inacceptable que cette compétition se déroule dans des conditions aussi insensées pour l’environnement et la dépense énergétique induite. Déjà lorsque le Qatar avait été choisi en 2010 pour l’organisation de cette compétition en 2022 des voix s’étaient élevées contre cette ineptie.

Il est nécessaire de mettre en parallèle ce gaspillage gigantesque à l’échelle internationale avec la situation des pays les plus démunis. Comment, même en France, peut-on demander aux
plus modestes de faire preuve de sobriété alors que pour eux la situation est déjà compliquée tandis que les favorisés de ce monde gaspillent à tout va !

Au-delà de l’inconséquence de l’organisation de cette compétition face à l’urgence climatique, son organisation s’est transformée en catastrophe humaine : travail forcé, cadences infernales sous des chaleurs extrêmes…Les lois promulguées pour répondre à la pression internationale sont tous les jours bafouées envers les forçats des chantiers et les invisibles travailleuses
domestiques, tous broyés par le travail. Le Qatar est devenu le Royaume de l’esclavage moderne ! Comment pouvons-nous, au nom du sport, cautionner de telles situations ? L’exploitation des travailleurs immigrés au Qatar est dénoncée par les ONG depuis longtemps mais il aura fallu cette coupe du monde pour qu’elle soit affichée au grand jour.

Cependant, cette prise de conscience tardive n’est pas inutile : c’est toute la question du sport dans les grandes compétitions internationales qui se pose. Les valeurs du sport, largement partagées dans le monde, sont bien éloignées de celles du business qui s’appliquent à ces grands évènements sportifs. Il serait temps de changer de modèle !

Les élus de Changeons de Cap : Simone Cassette,

Bernard Morin, Catherine Hespel, Agathe Ratinet

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